Chroniques d'une femme
oui, je l'ai trouvé.
le seul problème, c'est qu'il est pris. mais je sens qu'il est attaché à moi, même de loin en loin. ces choses-là se sentent.
il s'intéresse à moi, visite mes profils, regarde avec bienveillance les photos de mes enfants. quand il me regarde, je deviens une reine. quand il me sourit, je décèle l'enfant qui est en lui. il est spontané, il ne calcule pas. c'est un homme, un vrai. il assume, il est père aussi. il se dégage une telle douceur de son visage qui détonne avec son regard dur quand il me prend.
il sue lors de nos ébats, je l'essuie, il se laisse faire. là, je suis mère avant tout.
il me serre dans ses bras en me demandant doucement si je vais bien. là, je redeviens une petite fille. je suis désarmée.
il me comprend. tout est d'un naturel saisissant entre nous, on ne réfléchit pas. comme si on se connaissait depuis des années. il passe d'une pièce à l'autre sans gêne aucune. il connaît déjà les lieux, les a apprivoisés mais pourtant ne s'est pas permis de rentrer chez moi sans moi.
il est poli. il accepte sans broncher mes coups de gueule.
il m'a demandé d'être patiente, qu'il a une situation particulière, qu'il ne peut pas fuir ses responsabilités. je sais ce que c'est. je laisse faire les choses. je ne suis pas là pour faire la maîtresse éplorée : je veux qu'il se sente bien avec moi.
on a les mêmes goûts, les mêmes désirs, un goût très prononcé pour le sexe, un amour incommensurable pour nos enfants, on aime nos métiers respectifs.
nous sommes pourtant bien différents par nos origines, nos histoires personnelles, nos âges, nos éducations respectives, nos passés.
la dernière fois, alors qu'il sortait de chez moi pour rentrer chez lui, il m'a déclaré : "ne rencontre pas n'importe qui". on aimerait s'attacher l'un à l'autre, mais on prend notre temps. le problème, c'est que le mien est plus court que le sien.
il me trouve belle, désirable, incapable de se tenir quand je suis a ses côtés. il m'embrasse, touche mes cheveux, frôle mon bassin, attrape ma main. il a toujours besoin de me toucher. il s'assoit tout près de moi, sa tête si près de la mienne. il me laisse empoigner sa tête pour l'embrasser encore plus fort.
il me fait jouir comme personne d'autre ne l'a fait. peut-on connaître cela avec deux personnes différentes? je ne crois pas.
il s'abandonne sous mes mains, ma bouche, mes lèvres : il est à moi.
il me laisse le rhabiller en me regardant avec étonnement. je rajuste ses sourcils, il me parle naturellement. mes mains glissent sur lui. elles sont faites pour ça.
au jour d'aujourd'hui, nous ne sommes que des amants. rien ne nous lie vraiment l'un à l'autre. un jour, il m'a envoyé un texto tout simple mais qui en dit long tant je sais que les hommes sont peu prolixes sur leurs sentiments :"je pense à toi tous les jours". et il ne ment pas, c'est certain.
on a des projets ensemble. comme il le dit lui-même : nous ne sommes qu'au début d'une belle histoire.
ses yeux d'enfant...
voilà, j'ai tenté le coup et j'ai plongé en beauté dans l'insignifiance la plus morbide : j'ai chatté avec des hommes et ça n'a rien donné. entre celui qui écrit "bonjour" quatre fois de suite et celui qui n'arrive pas à recevoir un message, j'ai abandonné. en fait, comme ma mère a appris que j'ai peur de finir vieille fille, elle m'a donné l'idée de chercher sur le net : une cata ! je ne suis pas prête de me remettre, je vais laisser faire le temps.
je dois vraiment être désespérée...
"maman, pourquoi tu te maries plus ?"
je n'ai pu que rire en guise de réponse et pleurer en mon fort intérieur.
je tente de bosser un peu mon concours mais je me fais peu d'illusions. je suis tellement nulle à pleurer. j'ai failli défaillir en voyant la correction de mon dernier devoir. j'ai tant à faire.d'ailleurs, je ne devrais pas être là à blablatter, je devrais travailler...
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